Eduquer sans punir part 1/ les vendredis intellos 2

On a passé des années sur les bancs de l’école, on nous a enseigné des tas de matières diverses – stratégie d’entreprise, biologie moléculaire, macro économie, physiologie de la digestion, latin, comptabilité analytique, géographie, technologie – on m’a même appris à fabriquer une alarme de tiroir en 4ème… – et pas une seule fois je n’ai appris à devenir PARENT. Alors pour réussir dans la vie de parent comment faire???

Je sais bien qu’il existe des lieux de rencontre tels que l’École des parents, les Maisons Vertes… mais d’une part il n’y en a pas partout, d’autre part c’est pas évident de pousser la porte.

Bien sûr on peut reproduire le schéma de nos propre parents, avoir nos propres convictions et fixer nos propres règles de PARENTS. Et quand tout cela ne marche pas? Quand on se rend compte que l’éducation qu’on a donné au premier trouve ses limites? Quand on se rend compte que tout ce qui a toujours marché pour le premier ne fonctionne absolument pas avec le second? Quand on se rend compte qu’on est à la limite de la maltraitance simplement pour ranger une chambre ou faire terminer une assiette de soupe?

Parce qu’il faut bien avouer – OUI on veut avoir des enfants bien élevés – et OUI je veux qu’ils soient tous les trois bien élevés. J’ai toujours aimé entendre  » tu as vu comme il écoute bien sa mère… » « au doigts et à l’œil… »

Mais quand on n’y arrive plus il faut se remettre en question. Et c’est un peu au programme en ce moment dans Notre Bulle. Alors on va dire non aux punitions, non aux récompenses et non aux fessées.

Dans Notre Bulle à Nous, à partir d’aujourd’hui nous allons essayer « d’apprendre l’autodiscipline aux enfants ». Valentin, Louis et Gustave heu toi t’es un peu petit mais… il faut commencer tôt… préparez vous à quelques changements.

Il y a d’abord un premier livre. Celui de Thomas Gordon, Eduquer sans punir.

J’ai beaucoup aimé son idée du « Je » pour effacer le « tu » accusateur. C’est un changement important, bien argumenté et illustré dans cet ouvrage.

Le Message « je »

Émettre un message clair exprimant précisément notre réaction face au comportement de l’enfant, un message « je » d’appréciation plutôt qu’un compliment, fait une différence considérable. Ces messages sont précis, révélateurs et expriment clairement ce qui se passe à l’intérieur de soi (…)

Le compliment concerne habituellement l’autre personne, ce qu’elle dit ou fait, son apparence. Sous la forme de message « tu », il comporte un jugement de valeur. (…)

Par ailleurs le message « je » communique nos sentiments à l’enfant sans porter de jugement de valeur. Cette différence est cruciale, car dans le compliment, c’est le jugement de valeur qui cause des difficultés.(…)

« Certes un message « je » doit être plausible aux yeux de votre enfant. Il doit être sincère et franc, et exprimer vos véritables sentiments dans toute leur intensité du moment. (…) Enfin, exempt d’intention cachée, votre message « je » n’a pas pour but d’éduquer, de prêcher, de juger ou d’amener l’enfant à modifier son comportement.

Au début de ce bouquin l’auteur démontre que pour utiliser les méthodes traditionnelles Récompenses/Punitions il faut être très expérimenté. Autant dire ce cette méthode est complètement inefficace chez les parents lambda que nous sommes. Et j’ai bien sûr pris conscience d’un certain nombre d’erreurs que nous commettons au quotidien. Comme par exemple l’utilisation démesurée des compliments qui sont assimilés à des récompenses et qui deviennent dangereux à forte dose… et il paraîtrait même qu’avec le temps plus l’enfant grandit ça empire. Ces mêmes compliments intensifient la rivalité entre frères et sœurs oh là! nous voici au cœur du sujet puisqu’il est impossible aux parents de répartir leurs compliments équitablement.

Le compliment freine la capacité de prendre des décisions

A mesure que les enfants grandissent et doivent prendre des décisions importantes, une forte dépendance envers l’approbation parentale peut desservir leurs intérêts. Bien des choix de carrière désastreux sont fondés sur l’ambition des parents.

L’auteur présente une certaine continuité dans le schéma éducatif qui va du bébé à l’adulte. Et je crois qu’au quotidien c’est cette vison d’ensemble qui nous manque. On réagit beaucoup trop sur le court terme, sur des actes ponctuels, sur des comportements en réactions à des événements.

Grosso modo il va falloir lâcher prise, arrêter d’être des parents harceleurs de perfection, laisser de l’autonomie, le tout en changeant notre façon de parler et de voir les choses. Brefs je mets tout ça sur ma liste des résolutions de 2012.

En tous cas nous avons besoin de nous remettre en question. Et même si monsieur a trouvé le bouquin un peut BOBO, même si ça ne me donne pas le mode d’emploi quand Louis mord le petit doigts de son frère de un mois ça vaut le coup de voir plus loin que le bout de nos 5 nez.

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A propos Notre bulle à Nous

Femme avant tout depuis que j'ai 30 ans, un super mari et trois merveilleux enfants. Pas deux minutes à moi dans la journée mais je ne veux rien changer. C'est du sport d'avoir 4 bonhommes à la maison. J'arrive de temps en temps à mettre un peu de vernis sur mes pieds et me faire une virée... ou faire des bidouillages en couture et tricot... bricoler le jardin... tester des recettes... C'est la Vie dans La Bulle.
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7 commentaires pour Eduquer sans punir part 1/ les vendredis intellos 2

  1. Magali Evasion dit :

    Adepte d’être dans son « Je » depuis des années, je dois avouer qu’effectivement ça marche super fort avec les enfants (mais pas que, les adultes aussi fonctionnent bien de cette façon). Cela fait une quinzaine d’année que je pratique cette « méthode ». Ca remonte au temps où j’étais jeune animatrice de centre aéré, ma directrice était top et nous a appris cette technique… Avec la pratique, ça devient facile (enfin presque).

    Mais… des fois je ne peux m’empêcher de punir mes enfants, des punitions pas sévères mais pour respecter mes idéaux d’éducation non violente, il m’arrive de les faire assoir 5 minutes dans leur chambre, histoire de redescendre en tension, eux et moi.
    J’avoue aussi que j’aime les complimenter, les valoriser… Je ne sais pas s’ils cherchent tout le temps notre approbation, je leur demande souvent « Et toi ? qu’en penses-tu ? », je leur donne aussi l’autorisation de ne pas être d’accord avec nous.

    Je ne sais pas si je suis claire ! Enfin, n’oublions pas que « on est un con » et que le « tu tue » !

  2. camille dit :

    J’attends la suite avec intérêt, mais pour le moment je voulais juste dire que moi aussi j’ai eu droit à l’alarme de tiroir en cours de techno (après le métronome et le minuteur de jeu). Inutile de dire que mes circuits imprimés n’ont jamais daigné fonctionner, et que le résultat était tout juste bon à servir de presse-papier. 🙂

  3. mmedejantee dit :

    Merci beaucoup de ta contribution!!! Beaucoup d’entre nous visualisent assez bien les limites des punitions mais je crois que celles des compliments sont encore beaucoup plus difficiles à admettre!!! Pour ce qui est des solutions « pratiques », je trouve qu’il y en a pas mal dans Faber & Mazlish qui présentent souvent plus de « mise en situation » que Gordon…J’attends aussi la suite de tes réflexions sur le thème et je pourrais essayer de te retrouver les extraits de F&M si tu veux..!!

  4. Ping : Education : quand il faut interdire… « Les Vendredis Intellos

  5. M dit :

    Interesting, je vais filer l’acheter même si Baby P n’a que 5 mois … En effet, lorsque je lis : « A mesure que les enfants grandissent et doivent prendre des décisions importantes, une forte dépendance envers l’approbation parentale peut desservir leurs intérêts. Bien des choix de carrière désastreux sont fondés sur l’ambition des parents. » , je me retrouve complètement et je pense avoir payé avec ma sœur les conséquences d’une éducation, certes bienveillante, mais trop basée sur des compliments qui fait qu’ à 20 ans, quand il a fallut choisir notre métier et que nos parents nous ont juste dit : « fais ce que tu as envie de faire, c’est tout », nous nous sommes trouvées complètement démunies.

  6. elodimoitout dit :

    Je voulais rebondir sur le « je ». Vaallos avait écris un article là : http://encore1blog.over-blog.fr/article-ces-expressions-que-je-n-utilise-pas-84938614.html
    où justement elle expliquait que dans la phrase « je suis fière de toi » il y avait une sorte d’ambiguité où l’enfant pouvait se sentir redevable, alors que l’enfant fait quelque chose pour lui et non pour nous, d’où le « tu peux être fière de toi » et non « je suis fière de toi »…

  7. Ping : Le débriefing de Mme Déjantée Déc.2011: La société des individus Partie 2 « Les Vendredis Intellos

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