Les vendredis intello 7 / Un heureux événement

Ce film est sorti un mois tout juste avant les naissance de mon troisième. Très envie de le voir mais incapable de passer plus d’une heure assise dans une salle de ciné. Je l’ai donc regardé très récemment à la maison, confortablement installée avec mon bébé au bout du sein.

Je n’ai pas tout aimé et j’ai beaucoup de choses à critiquer. Mais j’ai pleuré, beaucoup pleuré. J’ai ressenti tout ce que j’avais au fond de moi lors de ma première grossesse, de mon premier accouchement, des premiers mois de ma vie en tant que maman.

J’ai ressenti de la colère, beaucoup de colère, parce que j’étais trop ignorante. Je croyais avoir confiance en moi mais je ne m’écoutais pas vraiment.

Je reprends une réflexion du film, celle que l’on peut lire partout, mais  qui me parle bien:

 » Elle m’a poussée dans mes retranchements, m’a fait dépasser toutes mes limites, m’a confrontée à l’absolu : de l’amour, du sacrifice, de la tendresse, de l’abandon. Elle m’a disloquée, transformée. Pourquoi personne ne m’a rien dit ? Pourquoi on n’en parle pas ? »

Pourquoi personne ne m’a rien dit? J’ai pourtant lu un truc comme « les 9 mois, mois par mois », participé aux cours de préparation à l’accouchement, regarder le film sur les 9 mois de grossesse, écouté à gauche et à droite … des trucs. Je ne savais rien. Je ne connaissais pas assez mon corps, mes capacités, mes limites. Je me suis battue pour allaiter, pour le garder dans mes bras, pour le porter. J’ai entendu des phrases débiles sur mon manque de lait.

Pourquoi personne ne m’a rien dit? Pourquoi on ne m’a pas transmis ce que je sais aujourd’hui? Pourquoi les VI n’existaient pas déjà ?

Je ne savais pas l’essentiel. Je ne savais pas que mon bébé une fois né, vivrait encore comme si nous ne faisions qu’un. Je ne savais pas que ses pleurs devaient être  compris. Que notre couple allait être ébranlé. Que ma fatigue serait explosive. Mais que tout cela serait normal. Je ne savais pas que les premiers mois, qui me semblaient une éternité, était essentiels et que jamais je ne retrouverai cette relation et cette intimité. Que chaque seconde devait être préservée.

J’ai fait au mieux pour ce premier bébé, et c’est déjà pas mal. Mais j’aurais voulu vivre sereinement mon maternage. En parler, échanger, être rassurée. J’aurais eu besoin après ma préparation à la naissance, d’une préparation au maternage. D’un suivi, d’une écoute. J’aurais eu besoin de ne pas être lâchée dans la nature, seule, avec mon bébé sous le bras et le papa sous l’autre. Le papa avec son positionnement, ses doutes, son incompréhension, son sommeil à toutes épreuves. Le papa qui imaginais que parce que j’étais la mère je savais tout, comprenais tout, maîtrisais tout. Et lui rien.

Je connaissais tous les risques à chaque étapes de la grossesses, les outils qui pouvaient être utilisés pour l’accouchement, comment stériliser un biberon (alors que normalement jusqu’à six mois j’en avais pas besoin….) mais j’ignorais l’importance de garder mon bébé sur moi quand il pleurait, de lui parler, de le masser, de le toucher… Je n’ai même pas osé le regarder nu à la maternité.

Je me souviens être rentré dans notre appartement avec mon fils, et avoir l’impression d’y revenir après des années. Je n’étais plus la même, sans accepter ce changement. Sans me laisser aller à ce nouveau moi. Moi, maman. Moi, maman, perdue.

Il me manquait la sérénité. Est ce que ça s’apprend? Comment ça se transmet?

Est ce que les mamans ne devraient elles pas être accompagnées après la naissance de leur premier bébé. Accompagnées pour apprendre à écouter son enfant, ressentir ses besoins, l’apaiser. Apprendre à se reposer à s’accepter en tant que maman. Refuser tous les clichés et stéréotypes accumulés pendant des années sur l’éducation avec un grand E, un grand E tout moche et inutile.

En fait aujourd’hui, je serais vraiment prête  pour un premier bébé.

Pour lire d’autres neurones en fusion c’est ici.

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A propos Notre bulle à Nous

Femme avant tout depuis que j'ai 30 ans, un super mari et trois merveilleux enfants. Pas deux minutes à moi dans la journée mais je ne veux rien changer. C'est du sport d'avoir 4 bonhommes à la maison. J'arrive de temps en temps à mettre un peu de vernis sur mes pieds et me faire une virée... ou faire des bidouillages en couture et tricot... bricoler le jardin... tester des recettes... C'est la Vie dans La Bulle.
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6 commentaires pour Les vendredis intello 7 / Un heureux événement

  1. J’attends impatiemment la sortie en DVD car le jour où j’ai vu la bande annonce, chaque phrase résonnait en moi comme un écho à ce que j’ai vécu… Et apparemment je suis loin d’être la seule à le ressentir de cette façon! Après neuf mois pendant lesquels la future mère est « idolâtrée », voilà que du jour au lendemain, il n’y en a plus que pour le joli fruit qu’elle a si bien couvé!! Forcément, ça a de quoi en ébranler plus d’une!

  2. mmedejantee dit :

    Merci beaucoup de ta contribution!!! Bon j’avoue qu’une petite référence livresque me manque un tantinet mais il est vrai que ce film a eu le mérite de mettre des mots sur tout en pan de la vie de jeune maman encore très méconnu ou du moins très mal transmis et accompagné…
    Je rejoins entièrement ton point de vue sur « l’abandon » des jeunes parents après la naissance et je faisais une remarque similaire en commentaire de l’article du jour de Mère Ordinaire… Je pense effectivement que le suivi médical de l’enfant ne prend pas assez en compte la dimension des parents (certains pédiatres en ont conscience pas tous!) et qu’il serait probablement nécessaire d’ouvrir la possibilité de consultation psy (qui n’existe pas en PMI pour les parents, un des problèmes auquel a été confronté Stephanie Allenou dont elle parle dans son ouvrage Mère Epuisée) ne serait-ce que pour permettre aux tensions d’être évacuées et aux parents d’être rassurés sur leurs capacités….

    • juliechall dit :

      Je crois en effet en la nécessité d’un accompagnement des parents après la naissance; surtout pour un premier enfant. Le « retour » à la maison est souvent difficile / ces sentiments sont peut être différents quand on accouche à la maison ;).
      Je n’ai jamais accroché aux différents contacts que j’ai eu en PMI. Par contre l’intervention d’une sage femme à domicile me semble indispensable. Est ce que les sages femmes ne sont pas les mieux formées pour nous aider avant, pendant et après la naissance (je pense ça parce que je n’ai rencontré que des sages femmes vraiment top). C’est peut être ce vers quoi nous allons avec le PRADO dont parle Mumandwild.

  3. Comme je te comprend… idem, je suis aussi prète pour un 1er bébé, alors que je suis maman, j’ai les mêmes regrets que toi…

  4. juliechall dit :

    J’aime être rassurée en lisant ton commentaire. Il faudra peut être que je le fasse une deuxième fois ce premier bébé…

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