Les vendredis intello / Epuisée… moi…

Il est 13h et j’ai encore les yeux pleins de sommeil. Les paupières si lourdes qu’elles en sont douloureuses. Il est 13h et je suis levée depuis…7 heures. 7 heures c’est une journées de boulot. La mienne est à peine entamée. Parce que quand tu décides de devenir « maman dans la vie » tes journées font 24h.

Après une nuit difficile mon petit dernier s’endort paisiblement. Je le couche dans son lit, regarde ma montre; il est 5h45. Un quart d’heure plus tard, le petit deuxième s’est levé et commence à trifouiller dans la salle de bain. Après avoir ouvert l’étui de mes lentilles et avoir fait tombé son contenu, je l’arrache de la pièce et le colle dans mon lit. Il est mouillé de pipi jusque sur le ventre. Je lui fais un gros bisous. Son frère aîné se réveille, nous rejoint et m’annonce qu’il a faim. Il est 6h07. Avec le sourire on se lève et la journée commence.

Et si je me souviens bien, ça va faire près de six mois que ça dure.

Alors je crois, enfin il me semble, un petit peu en tous cas, que je frise l’épuisement maternel.

Clem la matriochka en avait déjà parlé en s’appuyant sur le livre de Stephanie Allenou, Mères épuisées. J’ai trouvé un article sur La Croix qui semble assez proche de ma réalité,

La fatigue d’être mère, un mal à combattre

« Et puis, il y a la monotonie des gestes et des activités domestiques qui rappelle que le travail n’est jamais fini : le linge à laver, à repasser, les courses, le ménage, les repas à préparer… Autre facteur de tension, l’impossibilité de gérer son emploi du temps en fonction de soi. »

J’appelle ça « le quotidien ». C’est à dire l’ensemble des tâches que tu recommences chaque jours. Et c’est sans fin… Tout ce que tu ne peux pas négliger sous peine d’apocalypse. Et quand tu restes « au foyer » et bien ces tâches tu te dois le faire encore mieux. Du coup impossible de laisser du linge s’accumuler, de ne pas cuisiner un repas bien équilibré… J’ai l’impression de n’enchaîner que des tâches. Une accumulation de tâches. Et entre deux tâches je change une couche. Puis j’enchaîne sur une tâche. Et heureusement je dois donner une tétée, ce qui me force à me poser. Mais là je suis obligatoirement dérangée par un qui veut faire pipi ou l’autre qui a besoin de boire… Tu vois où je veux en venir. Le fond du gouffre c’est ça. Quand tu te demandes où se trouve le plaisir d’être maman.

« Ainsi, les mères au foyer souffrent d’un manque de reconnaissance, d’une impression d’être transparentes et insignifiantes. Parfois aux yeux de leur conjoint ou compagnon, toujours aux yeux de la société. Les femmes qui travaillent, quant à elles, dépensent beaucoup d’énergie à concilier leurs obligations familiales et professionnelles. Et, bien souvent, le résultat obtenu est insatisfaisant, ce qui est un nouveau facteur d’anxiété pour elles ! »

Ben oui c’est exactement ça. Pour avoir vécu les deux situations je peux dire qu’ils sont dans le vrai. Quoiqu’il en soit, il en résulte un manque évident de reconnaissance.

Je voudrais être félicité, qu’on me dise que je suis une maman géniale, que j’assure très bien dans tous les domaines. Que j’arrive à surmonter les difficultés, que je résous régulièrement des équations à trois inconnues… Que je dois être très fatiguée mais que ça ne se voit pas. Parce que malgré tout je garde le sourire.

Je voudrais qu’on se rende compte que je n’ai presque plus de temps pour moi. J’ai parfois l’impression d’être esclave de cette vie de maman. Et le pire c’est que je manque de temps avec mes enfants. Je manque de temps parce que je suis accaparée par le quotidien, le rythme des journées. Je suis à la maison mais je profite mal. Je me perds dans cette vie de maman.

J’ai besoin de reconnaissance parce qu’être mère c’est un dévouement. Quand la fatigue te gagne et ne te lâche plus, tu ne vois que les mauvais côtés. Les cris, les disputes, les pleurs, l’énervement, les colères, les punitions… Est ce que j’ai voulu des enfants pour vivre ça!!!! Il faut sortir de cet engrenage.

« Un lâcher prise qui permet d’être une mère plus heureuse. »

Alors qu’on m’explique ce qu’est le lâcher prise parce que je ne sais pas. Je ne sais pas lâcher par ce que « qui » va devoir récupérer derrière????

Pour retrouver les Vendredis Intellos c’est ici.

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A propos Notre bulle à Nous

Femme avant tout depuis que j'ai 30 ans, un super mari et trois merveilleux enfants. Pas deux minutes à moi dans la journée mais je ne veux rien changer. C'est du sport d'avoir 4 bonhommes à la maison. J'arrive de temps en temps à mettre un peu de vernis sur mes pieds et me faire une virée... ou faire des bidouillages en couture et tricot... bricoler le jardin... tester des recettes... C'est la Vie dans La Bulle.
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7 commentaires pour Les vendredis intello / Epuisée… moi…

  1. 0vervaine0 dit :

    Je suis en pleine lecture du livre de Stépahnie Allenou… Je n’ai encore qu’une fille, mais je compatis déjà allégrement et me retrouve dans bien des situations. Et surtout, le mari qui rentre et ne comprend pas qu’on soit si fatiguée…
    C’est tout à fait ça…

  2. NiouzMum dit :

    Je comprends très bien ce que tu décris pour le vivre moi aussi …
    J’ai de la chance par contre d’avoir de la reconnaissance du papa et de mon entourage proche mais il n’empêche que je me demande aussi comment lâcher prise pour sortir de l’engrenage cris/bêtises/punitions (inutiles), …
    Merci pour ce billet et bon courage.

  3. Cécile dit :

    Bonjour,
    je suis arrivée sur ton blog par le biais de Sigolène, avec qui j’étais au lycée.
    Moi je vis tout ça en congé mat, et je sais que la reprise du boulot sera à la fois fatigante et épanouissante, parce que j’aurais de nouveau une vie d’adulte qui rencontre d’autres adultes. Les enfants c’est choupinou, mais au quotidien, c’est effectivement fatigant et pas très épanouissant !
    Alors moi je voudrais te dire que tu es une maman géniale, que tu assures très bien dans tous les domaines, que tu arrives à surmonter les difficultés, que tu résous régulièrement des équations à trois inconnues… Et aussi que tu dois être très fatiguée mais que ça ne se voit pas. Parce que malgré tout tu gardes le sourire.
    Et aussi et surtout, je te dis bravo de tout mener de front : les enfants, le ménage, la cuisine, le blog. On voit bien à travers tes posts que tu prends bien soin de ton petit monde, que tu prends le temps de leur faire des gauffres, de leur lire des histoires, et de réfléchir à ta vie, à la leur, à ce que tu veux pour eux. Et tout ça ce n’est pas rien. Tu pourrais te contenter d’ouvrir une boite de raviolis et les envoyer dans leur chambre pendant que tu fais ton ménage…

    Et sinon, côté pratique, il faudrait arriver à tenir tes enfants au lit un peu plus longtemps la matin, parce que 6h c’est quand même tôt !!! Chez nous, on a instauré il y a quelques semaines la règle du huit… Les vacances et week-ends, les enfants n’ont pas le droit de sortir de leur chambre tant qu’il n’y a pas un huit à gauche sur le réveil (réveil digital)… En pratique, on leur dit de rester couchés jusqu’à 7h, et ensuite de rester dans leur chambre jusqu’à 8h, en jouant sans faire trop de bruit… Ca ne marche pas à tous les coups, mais ça permet de fixer une règle, sur laquelle s’appuyer pour les renvoyer se coucher. Ils ont râlé franchement les premières fois, et maintenant c’est presque devenu une évidence… Tu pourrais essayer en leur demandant de rester jusqu’à 7h, dans un premier temps ??? En tous les cas, courage ! Ca ne peut que s’améliorer avec le temps !!!

    Bonne journée, je file chercher mes grands à l’école…

    Cécile

    • juliechall dit :

      merci pour ton message qui m’a donné le sourire ce matin
      et c’est pas mal l’idée des 8h vacances et week end…ça laisse rêveur
      je crois que je vais installer une montre dans leur chambre

  4. Madame Sioux dit :

    Je travaille à 80% alors certaines semaines, j’ai l’impression de connaître un peu les deux situations que tu évoques : maman qui travaille et maman à la maison. Et franchement, après un mercredi comme hier avec mon fils (et je n’en ai encore qu’un !!! la 2e arrive en juillet ! gloups!), je me dis que j’aurais été BEAUCOUP moins fatiguée et plus patiente si j’avais passé la journée au boulot plutôt qu’à la maison. Les levers à 6h, c’est quasi la norme ici aussi et ça fait vraiment mal… je n’arrive jamais à récupérer vraiment.
    D’un côté, je n’échangerai ma vie de maman pour rien au monde parce que c’est vraiment le plus beau des cadeaux. Et d’un autre côté, par moments, je repense à mes parents, à mon enfance, aux vacances en famille, tout ça et je me dis : « purée, mais il reste encore tant d’années à tenir ! est-ce qu’ils se sentaient autant épuisés et parfois dépassés que moi ??!! Et encore, mon conjoint est plus investi dans la vie domestique et les soins aux jeunes enfants que ne l’était mon père alors : que devait ressentir ma mère ??! »
    Bref, c’est un combat du quotidien… jusqu’au prochain câlin, bisou de nos petits bouts, qui nous effacent (temporairement) tout le reste !!!

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