S’imaginer une mère parfaite ne veut pas toujours dire une bonne mère…

D’ailleurs qu’est ce qu’une bonne mère…

La semaine dernière j’évoquais dans les VI l’épuisement maternel. Le commentaire de Mme Déjantée (merci Mme Déjantée de me faire avancer en me faisant réfléchir, remettre en question… merci pour les VI) m’a fait réagir: est ce que je n’essaye pas d’être une mère parfaite… ce que je ne serai jamais puisque ça n’existe pas! Et tant mieux.

D’ailleurs qu’est ce c’est une mère parfaite? Chacun a sa propre définition par rapport à son histoire, à son expérience, à ses origines et à tout ce qui peut être véhiculé en terme de communication sur la mère parfaite et là il y a un paquet de trucs depuis des décennies tous aussi contradictoires.

Pour moi, une mère parfaite c’est avant tout une mère aimante, à l’écoute, attentionnée, disponible, qui permet à ses enfants de s’ouvrir sur le monde, qui leur apprend l’autonomie. C’est une mère qui sait poser un cadre, qui rassurer, qui partage, qui éduque. C’est une mère qui pose des règles, pour l’équilibre des ses enfants, et qui offre aussi un cadre de vie rassurant. C’est une mère tolérante, qui accepte les particularités de chacun de ses enfants. C’est une mère qui sait être femme et ne pas être « que » mère.

C’est une partie de ma définition de la mère parfaite. Mais est ce que cela veut dire être une bonne mère?

Dans l’Arrache Coeur, Boris Vian nous présente une mère qui a, elle aussi, sa propre définition de la mère parfaite. Et pourtant ses propos, sa manière de faire, son ressenti, ses actes… tout peut nous sembler choquant. Elle veut devenir une mère parfaite mais elle est loin d’être une bonne mère.

Je suis une bonne mère. Je pense à tout ce qui peut leur arriver. Tous les accidents qu’ils risquent, j’y pense d’avance. Et je ne parle pas des dangers qu’ils courront lorsqu’ils seront plus grands. Ou lorsqu’ils sortiront du jardin. Non. Ceux-là, je les garde en réserve. J’ai dit que j’y penserais par la suite. J’ai le temps. Il y a déjà tant de catastrophes à imaginer. Tant de catastrophes. Je les aime puisque je pense à ce qui peut leur arriver de pire. Pour le prévoir. Pour le prévenir, je ne me complais pas dans ces évocations sanglantes. Elles s’imposent à moi. Ceci prouve que je tiens à eux. J’en suis responsable. Ils dépendent de moi. Ce sont mes enfants. Je dois faire tout ce qui est en mon pouvoir pour leur éviter les calamités innombrables qui les guettent. Ces anges. Incapables de se défendre, de savoir ce qui est bon pour eux. Je les aime. C’est pour leur bien que je pense à tout cela. Cela ne me fait aucun plaisir. Je frémis à l’idée, qu’ils peuvent manger des baies empoisonnées, s’asseoir dans l’herbe humide, recevoir une branche sur la tête, tomber dans le puits, rouler du haut de la falaise, avaler des cailloux, se faire piquer par les fourmis, les abeilles, par les les scarabées, les ronces, les oiseaux, ils peuvent respirer des fleurs, les respirer trop fort, une pétale leur entre par la narine, ils ont le nez obstrué, cela remonte au cerveau, ils meurent, iles sont si petits, ils tombent dans le puits, ils se noient, la branche s’écroule sur leur tête, le carreau cassé, le sang, le sang…


Elle est extrême dans ses comportements. Elle est extrême mais elle les aime. Elle croit que cet amour lui permet de savoir ce qui est bon pour eu. Et pour les protéger elle les enferme et elle s’enferme aussi. Elle en arrive jusqu’à s’imposer des absurdités en guise de sacrifices. Comme si les sacrifice étaient preuve d’amour.

  « Mais elle seule laissait pourrir tous ces rebuts. Les enfants méritaient bien ce sacrifice –  et plus c’était affreux, plus cela sentait mauvais, plus elle avait l’impression de consolider son amour pour eux, de le confirmer, comme si des tourments qu’elle s’infligeait pouvait naître quelque chose de plus pur et de plus »

Elle se voulait mère parfaite, mère sacrificielle, mais n’était pas pour autant bonne mère.

Quand dans nos vie de mère on s’impose des rythmes insoutenables, des exigences trop importantes, on est dans le sacrifice. Mais pour autant on n’est pas spécialement de bonnes mamans. Quand toute notre vie est tournée vers les enfants, jusqu’à s’oublier soi même, on n’est pas spécialement de bonnes mamans. Quand on délaisse l’attention portée à l’autre, au profit de ses enfants, on n’est pas des bonnes mamans.

Mais ça c’est encore moi qui le dit. Ce n’est sûrement pas une vérité. Parce que comme la mère parfaite n’existe pas, la bonne mère non plus.

Moi par contre j’existe, avec mes erreurs, mes essais, mes doutes et un grand nombre de questionnements. J’essaye peut être trop d’être une bonne mère, à ma façon. Je tombe parfois dans la piège du sacrifice mais heureusement je suis vite rattraper par ma petite étoile.

Il faut dire que j’ai lu pour la première fois l’Arrache Coeur vers l’âge de 11ans. Ce livre m’avait profondément marqué. Cette notion de sacrifice de la mère m’a toujours travaillé. Je le relis aujourd’hui et le trouve déstabilisant à souhait.

Pour retrouver les VI, c’est ici.

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A propos Notre bulle à Nous

Femme avant tout depuis que j'ai 30 ans, un super mari et trois merveilleux enfants. Pas deux minutes à moi dans la journée mais je ne veux rien changer. C'est du sport d'avoir 4 bonhommes à la maison. J'arrive de temps en temps à mettre un peu de vernis sur mes pieds et me faire une virée... ou faire des bidouillages en couture et tricot... bricoler le jardin... tester des recettes... C'est la Vie dans La Bulle.
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